Les lichens possèdent cinq particularités biologiques très intéressantes: 

  • ils sont pérennes, c'est-à-dire qu'ils sont présents tout au long de l'année dans leur milieu ;
  • ils peuvent vivre très longtemps (plusieurs centaines d'années) et leur croissance est lente: de quelques dixièmes de millimètres à quelques centimètres au maximum par année ;
  • ils ne contrôlent pas leur contenu en eau ; lorsque l'air est humide, ils se gonflent d'eau et l'algue ou la cyanobactérie peut effectuer la photosynthèse et produire les sucres nécessaires à la croissance du lichen ; lorsque l'air est sec, le lichen perd presque toute son eau et entre en "dormance", ceci jusqu'à la prochaine averse ;
  • ils se nourrissent principalement des éléments minéraux dissouts dans l'humidité de l'air, ces derniers pénétrant par toute la surface du thalle (le corps du lichen) ;
  • ils sont d'excellents bio-indicateurs de la pollution atmosphérique; les lichens concentrent les polluants, cela jusqu'à un certain seuil au-delà duquel le fragile équilibre symbiotique entre le champignon et l'algue sera détruit et le lichen disparaîtra. Leur mode de nutrition et leur longévité renforcent encore l'effet cumulatif des polluants absorbés. 

Ces caractéristiques très particulières ont des conséquences directes sur la vie et l'écologie de ces organismes:

  • leur croissance lente ne leur permet pas d'entrer en compétition avec les plantes à fleurs. Par conséquent, ils ne seront à l'aise que là où les plantes à fleurs ne le sont pas : à la surface du tronc des arbres, sur les murs, sur la roche, sur le fer, sur les sols secs bien drainés, etc. ;
  • le fait qu'ils puissent s'assécher et subsister ainsi pendant de longues périodes défavorables, pour "renaître" lorsque l'eau réapparaît, leur permet de survivre dans des habitats à priori très défavorables pour les autres organismes vivants. Ce type d'habitat correspond exactement à ceux décrits ci-dessus. 

Types morphologiques de lichens

Morphologiquement, on distingue trois types de lichens:

Les lichens crustacés : ce sont des "croûtes" plus ou moins colorées étroitement appliquées et imbriquées dans le substrat (principalement l'écorce d'un arbre ou un mur). Il est impossible de les récolter sans prélever en même temps une partie du substrat.

Les lichens foliacés : ce sont de petites lames foliacées ou folioles plus ou moins lobées et adhérant facilement à la surface du substrat (principalement l'écorce d'un arbre ou un mur). On peut récolter facilement le lichen indépendamment du substrat au moyen d'un couteau.

Les lichens fruticuleux : ce sont des lanières ou des filaments pendants ou en forme de petits arbustes, fixés au substrat uniquement au moyen d'un crampon. Cela peut également être de petites trompettes ou filaments dressés sur le sol ou l'écorce des arbres.


 

Écologie

Les lichens poussent sur différents types de supports ou substrats: l'écorce des arbres (lichens corticoles ou épiphytes) le bois mort ou le bois d'oeuvre (lichens lignicoles), la roche ou les pierres (lichens saxicoles) et le sol moussu ou non (lichens terricoles-muscicoles). Les cimetières sont de véritables "hotspots" de la biodiversité lichénique locale, d'une part parce qu'ils comportent une grande diversité de substrats favorables aux lichens, comme les murs, les arbres et arbustes, ainsi que le sol dénudé, et d'autre part en raison de la diversité des tombes, présentes sous forme de croix de bois et de pierre tombales calcaires ou siliceuses. Les cimetières sont particulièrement importants pour les espèces saxicoles, car le canton de Genève ne présente que peu d'affleurements rocheux naturels.

Classification

Au niveau de leur classification, les lichens sont des champignons. Par conséquent, le nom que l'on donne au lichen est celui du champignon qui le compose. On compte entre 15'000 et 20'000 espèces de lichens dans le monde, dont environ 1'800 en Suisse. La plus grande partie des lichens (98%) sont des Ascomycètes (groupe contenant notamment les morilles, les truffes, les pézizes et les levures) ; c'est la raison pour laquelle on parle souvent d'Ascomycètes lichénisés.

 

Cycle reproductif

Les lichens à Genève

La Liste Rouge des lichens du canton de Genève (Vust et al. 2015) a permis de retrouver, depuis 2000, 469 espèces parmi les 612 espèces recensées dans le canton de Genève. Les relevés ont permis de trouver 414 des 469 espèces (88%) de lichens dans les milieux proches de l'état naturel: massifs forestiers, réserves naturelles et autres, représentant au total près de 45 milieux différents. Les résultats de la Liste Rouge montrent que 23,7% des espèces sont menacées (CR: 9,3%, EN: 9,8%, VU: 4,6%), alors que 4,6% des espèces sont considérées comme étant éteintes au niveau cantonal (RE).

Ressources

Publications 

 

Ressources en ligne